Secteur
TPE et PME
Pas de DSI, pas de RSSI ? C'est la situation de la majorité des petites entreprises. Ça ne veut pas dire que vous êtes sans recours — ça veut dire qu'il faut aborder la cybersécurité différemment.
La réalité du risque cyber pour les petites entreprises
Les petites entreprises sont souvent perçues comme des cibles moins intéressantes. C'est faux : elles sont souvent ciblées précisément parce que leurs défenses sont plus faibles. Les attaques par rançongiciel automatisées ne font pas de discrimination par taille.
Pour une grande entreprise, une interruption de deux semaines est douloureuse. Pour une TPE ou PME, elle peut être fatale. La perte de données clients, l'impossibilité de facturer et les frais de remédiation peuvent dépasser plusieurs dizaines de milliers d'euros.
Beaucoup de dirigeants pensent être couverts par leur assurance multirisque professionnelle. Les polices standards excluent souvent les cyberattaques ou les couvrent partiellement. Une cyber-assurance spécifique est de plus en plus nécessaire.
Deux cas concrets
LockBit 2.0 chiffre l'ensemble des données. Grâce à des sauvegardes fonctionnelles et à un prestataire réactif, l'activité reprend en quelques jours. Mais la facture de remédiation s'élève quand même à 75 000 €.
Source : France Num →Un cybercriminel s'introduit via un mot de passe de télétravail trop faible. Il cartographie le réseau, déploie un rançongiciel, chiffre toutes les données. Sans perspective de retour à la normale rapide, plusieurs clients distributeurs rompent le contrat. L'impact dépasse largement la rançon initiale.
Source : France Num →37 % des attaques par rançongiciel traitées par l'ANSSI en 2024 ciblaient des TPE, PME et ETI. 55 % des victimes ne s'en relèvent pas dans les 6 mois. Sources : Cybermalveillance.gouv.fr · Cerfrance.
Commencer par l'essentiel
Il n'est pas nécessaire d'avoir le même niveau de sécurité qu'une banque. Mais quelques mesures fondamentales bien appliquées réduisent drastiquement le risque. On commence par ça.
Sauvegardes testées (règle 3-2-1)
3 copies des données, sur 2 supports différents, dont 1 hors site (cloud ou bande). Et surtout : testées régulièrement. Une sauvegarde non testée est une illusion de sécurité.
Authentification à deux facteurs (MFA)
Activé sur tous les comptes critiques — messagerie, ERP, comptabilité, outils cloud, accès VPN. Le MFA bloque la grande majorité des tentatives de compromission de comptes.
Mises à jour systématiques
Systèmes d'exploitation, logiciels, firmwares des équipements réseau. La majorité des compromissions exploitent des vulnérabilités connues et corrigées depuis des mois.
Protection des postes (EDR)
Un antivirus moderne (EDR — Endpoint Detection and Response) comme Microsoft Defender correctement configuré, Bitdefender ou SentinelOne One. Pas forcément coûteux, souvent déjà disponible dans votre licence Microsoft 365.
Sensibilisation des équipes
Une demi-journée de formation sur le phishing et les réflexes de base est souvent l'investissement au meilleur rapport coût/efficacité en cybersécurité.
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